Vous hésitez à retirer votre enfant de l’école à cause des fortes chaleurs ? Voici ce que dit la loi
- Valérie PIAU
- il y a 14 heures
- 3 min de lecture
Même si l’école de leur enfant reste ouverte, les parents peuvent-ils choisir de le garder à la maison pour lui éviter un coup de chaleur ? Mise au point.
Source : Par Charlotte Arce et Alexandre Boudet, HUFFPOST Life18/06/2026 18:31 Actualisé le 19/06/2026 10:19
Les 40 degrés ont été franchis ce jeudi et la situation ne va pas s’améliorer ce vendredi. La chaleur qui écrase la France est parfois intenable dans les écoles où le thermomètre atteint aussi des niveaux record.
Au point que le ministre de l’Éducation nationale envisage le report de certains oraux du bac et que certains établissements ferment ou adaptent les horaires. En 2025, lors d’un épisode caniculaire avant la fin de l’année scolaire, jusqu’à 2000 établissements avait été fermés, le plus souvent à l’initiative des maires.
Quid des parents ? Peuvent-ils décider unilatéralement de garder leur enfant à la maison pour leur éviter d’étudier dans une classe surchauffée ? Officiellement, les fortes températures ne font pas partie des motifs légitimes d’éviction scolaires tels qu’ils sont définis par le code de l’éducation. Les enfants âgés de 3 à 16 ans sont donc soumis à une obligation d’assiduité scolaire et leurs parents tenus de justifier leur absence. Et ce, même si les grandes vacances sont attendues à la fin de la semaine, ou que la température dans les salles de classe dépasse 35 °C.
Pas d’excuse malgré les fortes températures
Par ailleurs, l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement précise dans une note qu’il « n’existe pas de seuil réglementaire de température maximale ou minimale entraînant l’obligation d’interrompre une activité scolaire ou de fermer un établissement scolaire, quel que soit son type (maternelle, élémentaire, collège, lycée) ». Et ce, même s’il reconnaît que les températures trop élevées sont susceptibles de porter atteinte aux « conditions de vie et de travail » des élèves et des personnels, et même « avoir des conséquences à court et à long terme sur leur santé ».
Interrogée en 2025 par le site Actu.fr, Me Valérie Piau, spécialisée en droit de l’éducation, rappelle donc que « légalement, les parents n’ont pas le droit de garder leur enfant » à la maison. En cas d’absences non justifiées répétées, ils peuvent même être passibles d’une amende de 750 euros pour manquements à l’obligation scolaire.
Néanmoins, précise l’avocate, il y a peu de risque que cela se produise pour une unique absence en cas de canicule. Par ailleurs, s’ils estiment que leur enfant présente des « signes de faiblesse ou de fragilité », ou même en cas d’affection comme l’asthme, les parents peuvent décider de garder leur enfant à la maison. Seul impératif : justifier son absence à son retour. Fournir un certificat médical n’est plus nécessaire depuis 2024, précise le site Service-public.fr.
Certaines académies ont également pris les devants. « En raison de l’épisode de fortes chaleurs en cours, les services de l’Éducation nationale nous informent qu’une bienveillance particulière sera accordée aux familles qui souhaiteraient, à titre exceptionnel, garder leur(s) enfant(s) à la maison. Si vous estimez que cette solution est la plus adaptée à la situation de votre enfant, vous pouvez donc choisir de ne pas l’envoyer à l’école durant cette période exceptionnelle. Nous vous remercions dans ce cas d’en informer l’école. Nous rappelons toutefois que l’école reste ouverte et que l’accueil des élèves est assuré normalement pour toutes les familles qui en ont besoin », est-il indiqué dans un message adressé à des parents d’élèves de l’académie de Versailles.
Aménager les salles de classe pour supporter la chaleur
Pour rendre plus supportables les fortes chaleurs pour les élèves et le personnel scolaire, les maires et préfets restent donc les seuls à pouvoir mettre en place des aménagements spécifiques, comme la fermeture des volets ou des stores, le déploiement de ventilateurs dans les classes et la migration vers des salles moins exposées au soleil.
Sur son site, le ministère de l’Éducation précise qu’« en fonction de la situation météorologique, notamment en cas de passage en vigilance rouge, les autorités préfectorales pourront décider, si nécessaire, de la fermeture de certains établissements scolaires afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels ».




Commentaires