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HARCÈLEMENT SCOLAIRE: QUAND LES FAMILLES D’ENFANTS HARCELÉS FONT FACE À DES ENQUÊTES SOCIALES

RMC, par Mahauld Becker-Granier et Pierre Bourgès le 18/09/2023


INFO RMC. Les familles qui signalent des faits de harcèlement sont fréquemment visées par des enquêtes sociales.


Plusieurs témoignages, recueillis par RMC, le confirment. Lorsqu’une famille alerte un établissement sur des faits de harcèlement scolaire présumés sur l’un de ses enfants, celle-ci se voit fréquemment concernée par une enquête sociale dans les mois qui suivent.Par exemple, Anne-Laure, mère d’un enfant victime de harcèlement scolaire en Haute-Savoie, le raconte ainsi: "Deux semaines seulement après mon rendez-vous avec un représentant de l’académie de Grenoble pour faire cesser le harcèlement que subissait mon fils, je reçois un courrier pour m’annoncer le début d’une enquête sociale". S’en sont suivis trois mois d’enquête. Conclusion: rien à signaler.


Et les associations qui luttent contre le harcèlement scolaire (Marion la Main Tendue, Association Parle Je t’écoute, Association ALCHM, association HUGO) le confirment: remettre la responsabilité sur la famille en diligentant une enquête sociale est très fréquent.


LES FAMILLES MONOPARENTALES LE PLUS RÉGULIÈREMENT VISÉES

Une manière, selon les associations, de tenter de "mettre la pression" sur ces familles souvent déjà fragilisées. Nora Fraisse, de l’association Marion la Main tendue, précise : ce sont les familles monoparentales qui sont le plus régulièrement visées.


Même son de cloche pour l’avocate Valérie Piau. Avocate spécialiste de l’éducation, elle a eu pour clients de nombreuses familles concernées par des cas de harcèlement. "À partir du moment où il y a un désaccord entre une famille et l’école, il arrive régulièrement que des signalements aux services sociaux pour information préoccupante soient faits. Pour moi c’est une manière de décrédibiliser la parole de la famille en remettant en cause sa capacité à éduquer leurs enfants".


Une source d’un rectorat le confirme: les enquêtes sociales, au cours d’une affaire de harcèlement, existent. Elles sont habituelles quand il s’agit d’un enfant à l’origine de faits de harcèlement. En revanche, quand il s’agit d’un enfant présumé victime, ces enquêtes sont moins fréquentes mais peuvent exister. L’équipe pédagogique peut parfois, à partir de certains signaux relevés chez l’enfant, présupposer d’un climat familial parfois dégradé.


Une enquête sociale vise alors à prévenir l’enfant de tous les dangers, à mieux cerner la situation de la famille et n’a pas vocation à accuser les parents, se défend cette source. Une enquête sociale permet, par l’intermédiaire de médecin, de psychologue, de décider ensuite des mesures les plus adaptées concernant l’enfant.

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